Y'a des fois, vraiment, où ça va bien ! Mais la houle est changeante. Aujourd'hui encore la vague est devenue violente. Au secours les gens, au secours tata psy, je multiplie les rendez-vous avec les crises de tétanie. L'angoisse part d'un truc bidon, tu deviens obsédé par une idée et ça vient en traître doucement des fourmis dans les doigts c'est le début de la fin mais t'en tiens pas compte, tu regretteras quand tu seras par terre comme une merde.
Après, j'ai écrit un peu (lisez-le comme je l'ai écrit, sans amour dans le "il", rien que de l'objectivité) :
"Il m'avait changée - comme si avec lui j'étais autre. Ou plutôt, celle que je voulais être. J'étais aimée par celui que j'aimais, et entourée de ses compliments. Même sa présence en était un : s'il voulait être avec moi c'est que je méritais cette attention. Et il était souvent avec moi. Si je doutais de moi, aussitôt il me calmait et me faisait reprendre confiance en moi. De toute façon, les reproches ne me touchaient plus trop : si tu es persuadée que Dieu t'aime, tu t'en fiches pas mal de ce que peuvent dire les autres ; ben c'était pareil. en plus, il aimait mon corps. En fait, tout était défini en fonction de lui, il était mon repère. Et par son amour, omniprésent.
Mais aujourd'hui je n'ai plus de repère, plus de confiance, plus de source sûre, je suis faible, manipulable, et mon caractère autant que mon corps maigre où les os se font trop sentir me dégoutent. Je ne sais pas vivre seule. Je n'ai jamais été bien seule, là, c'est juste pire. Je n'ai jamais été bien qu'avec lui."
Car voilà. Je ne sais pas encore dire tout ce qu'il y a à dire, formuler tout ce que je pense, saisir tout ce qui chlingue là-dedans, mais je sais ça : il était mon rempart contre moi. J'aimais la vision (merveilleusement déformée) qu'il avait de moi et je l'ai adoptée. Tant qu'il m'aimait, ça marchait. Je me suis investie totalement en lui pour vivre selon lui et non plus selon moi. Le bonheur par l'aliénation. Maintenant, la liberté par le malheur ; je suis à nouveau seule avec moi et je ne le supporte pas.
Mais je sais qu'un jour ça changera,